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jeudi 10 novembre 2005

Emmanuelle Seigner

Emmanuelle_seignerEn vamp partout par Luc Le Vaillant

Emmanuelle Seigner, 39 ans, actrice de cinéma. L'épouse de Polanski ne fait pas la fine bouche devant le statut de star et joue cartes sur table sur le marché de la séduction.

L'avis du DVB : Ennéagramme Type 2

On est vachement privilégiées. Les gens attendent qu'on leur donne du rêve. Gamine, j'aimais penser à Marilyn ou à Ava Gardner. Les actrices qui ne sont pas conscientes de ça, qui viennent se plaindre de leur exposition, on n'a qu'à les envoyer tenir la caisse à Prisu.
- Le portrait d'Emmanuelle Seigner sur Libération.fr

J’accepterais un rôle fort dans un scénario moyen, mais certainement pas un rôle transparent dans un scénario formidable.
La scène où Philippe Torreton me coince la main dans la porte, me prend et me jette, il m’a fait vachement mal. Ca m’a rendue dingue. (sourire gêné) Je suis rentrée dans une rage incroyable, j’ai commencé à le taper, à l’insulter, à pleurer, j’étais hystérique.
- De nombreux documents sur Emmanuelle-Seigner.com

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Voici les sites qui parlent de Emmanuelle Seigner:

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Portrait

Emmanuelle Seigner, 39 ans, actrice de cinéma. L'épouse de Polanski ne fait pas la fine bouche devant le statut de star et joue cartes sur table sur le marché de la séduction.

En vamp partout
Par VAILLANT Luc LE
jeudi 10 novembre 2005

Emmanuelle Seigner en 7 dates
22 juin 1966
Naissance à Paris.
1985
Détective, de Godard.
1987
Frantic, de Polanski.
1991
Lune de fiel, de Polanski.
1997
Place Vendôme, de Nicole Garcia.
1998
La Neuvième Porte, de Polanski.
16 novembre 2005
Backstage, d'Emmanuelle Bercot.


Elle a une façon de passer inaperçue qui attire tous les regards. Elle porte une pelisse de laine multicolore qui sculpte ses épaules de nageuse en eaux fortes, en eaux troubles. Pas du tout petit chaperon rouge, ne craignant pas de tirer la barbichette des loups les plus velus, elle a pourtant rabattu une capuche sur son visage, histoire de mieux intriguer les belles dames et les beaux messieurs qui prennent le thé dans ce palace qui fait face à son appartement. Et elle retire ça avec la majesté nécessaire, pour apparaître en jeans et tee-shirt et venir s'asseoir tout près, vous parlant presque sous le nez, à l'italienne, comme le fait Carla Bruni.

L'amusant c'est qu'Emmanuelle Seigner revendique l'intégrale des attributs des stars du passé quand les actrices d'aujourd'hui préfèrent la quotidienneté humaniste et la proximité caritative. Elle veut les marches montées, poitrine en avant, sous les flashs envieux. Elle tient aux mystères des rumeurs qui l'enveloppent d'un halo pourpre, quand tant d'autres s'appliquent à séparer rôles et réel, à se housser dans leur normalité une fois les projecteurs éteints. Elle se refuse à dire son mot sur l'actualité, à prendre parti, au risque de rendosser la peau d'âne mitée des ravissantes idiotes, ou plutôt la parure désuète de l'éternel féminin ne se mêlant pas des affaires du monde. Et elle laisse brûler le soufre supposé de son union avec Polanski, son aîné de trente-trois ans, amateur réputé de lolitas, qu'elle connut quand elle était tout juste majeure et à qui elle a, tranquillement, fait deux enfants. Et de jeter, avec cette alacrité et cette gouaille qui, immédiatement, vous obligent à superposer l'ombre de sa cadette Mathilde : «On est vachement privilégiées. Les gens attendent qu'on leur donne du rêve. Gamine, j'aimais penser à Marilyn ou à Ava Gardner. Les actrices qui ne sont pas conscientes de ça, qui viennent se plaindre de leur exposition, on n'a qu'à les envoyer tenir la caisse à Prisu.»

Longtemps, Emmanuelle Seigner a renâclé à faire de la comédie son métier. C'était comme si cette enfant de la balle avait percé à jour les trucs et manigances de cette corporation narcissique par fonction et angoissée par nature. Elle croisait les uns et les autres chez son grand-père Louis. La tribu habitait dans le même immeuble. Emmanuelle, ses deux soeurs, et ses parents décorateurs au premier étage. Le sociétaire de la Comédie-Française, au cinquième. A l'heure du goûter, le vieil acteur qui roulait en Porsche regardait quatre télés à la fois, constituait des dossiers sur tout et rien, se nourrissait de bananes et vivait la nuit, sortait de son lit et racontait les coulisses de son univers. L'aînée des petites hérita vite d'une lucidité acerbe sur les travers et les ridicules des saltimbanques. Elle se serait plutôt vue médecin, comme sa tante Véronique Vasseur, qui dénonce les conditions sanitaires des prisons. Mais, bien sûr, les circonstances ravivèrent l'atavisme.

Aujourd'hui, Emmanuelle Seigner, heureux caractère et bonne nature dans le privé, reste mal assurée d'elle-même dans sa profession. Qu'elle brocarde ainsi: «Ce n'est pas un métier qui développe l'intelligence.» D'où sa revendication bravache de ses années mannequin et de son goût pour la mode. Et de déclarer, voici quelques années : «La beauté n'est pas une tare. L'un des travers du cinéma français est de ne prêter de talent qu'à celles qui ont un physique passe-partout.» D'où ses efforts pour échapper à sa caricature de créature de Polanski. Et d'assener : «J'aime bien être dirigée, pas dominée.» D'où sa satisfaction devant son dernier rôle dans Backstage, celle d'une diva pop, magnétique et névrosée, entre Mylène Farmer et Madonna, où elle impose son impact guerrier, son aura perverse. Et de dire : «40 ans est un âge où on fait un premier bilan. Je vois tellement de gens qui sont passés à côté de leur vie. Je ne voudrais pas connaître ce genre d'amertume.»

Sinon, Emmanuelle Seigner affirme haut et fort un sex-appeal qu'elle craint peu de voir filer entre ses doigts, tel le sable du temps passé. Emmanuelle Bercot, la réalisatrice de Backstage, la décrit ainsi : «C'est la personne la plus libre que je connaisse. Elle est très animale, tout est sexuel avec Emmanuelle. C'est une redoutable séductrice. Mais son physique impressionnant, sa capacité d'envoûtement sont en décalage avec sa personnalité. Elle est plus ambivalente, plus enfant, plus fragile que son apparence ne le laisse supposer.» Et Bercot de la décrire en personnage de David Lynch, «allongée toute blonde sur un canapé en cuir gris», faisant référence à une rencontre dans son appartement de l'avenue Montaigne, aménagé d'autant plus moderne que les parents préféraient le Liberty et le fleuri romantique. Sur l'affiche de son dernier film, Emmanuelle Seigner apparaît torse nu. Colère de sa fille préado : «T'aurais quand même pu mettre un tee-shirt.» Réponse d'une mère attentive qui, pour autant, ne s'envisage pas déserter le foirail de la séduction pour faire place nette aux greluchettes pudibondes : «Tant qu'on me demande de me mettre nue, c'est que tout va bien.»

Elle avait 18 ans quand elle rencontra Polanski. Il l'aida à passer son bac. Elle obtint un 14 en philo. Elle lui doit une lucidité teintée de désillusion et une capacité à désquamer les belles âmes. Ils sont toujours ensemble. D'ailleurs, elle trouve que «les gens se séparent trop facilement». Ce qu'elle dit moins directement mais tout aussi clairement, c'est que l'amour est un songe creux pour écervelés. Elle insiste : «L'amour est un truc de gosse. Le coeur qui fait des bulles de champagne, c'est bien mais ça passe. Ce n'est pas le plus important.» Elle précise : «Je ne suis pas très fille. Je suis une sorte de punk de la féminité.» Elle comprend mal que les femmes soient cantonnées dans la bienséance et que la débauche et les bordels leur soient interdits, mais tient à la différence homme-femme et regarde de biais le féminisme.

Parmi ses péchés préférés, elle liste la paresse, la gourmandise et la luxure. L'avarice, elle connaît peu. Elle est dans la dépense quand Polanski tient les cordons de la bourse. Honnête, elle avoue : «Je n'ai jamais eu de problèmes d'argent, mais je ne vis pas dans l'indécence.»

On a beau insister, impossible de savoir pour qui elle vote. Echappé de la Pologne communiste, son mari conserve un dégoût instinctif de la chose collective et de ses déclinaisons. Quant à sa soeur, elle jubile à l'idée de proférer les énormités les plus réacs et de botter les fesses à la bien-pensance de gauche. Pour autant, personne n'est tributaire des options familiales et chacun a le droit de rebattre les cartes. En la matière, Emmanuelle Seigner redevient très fille éternelle. Elle pratique l'évitement, fuit le débat d'idées et fait l'apologie du relativisme, du «chacun a ses raisons». Elle cite ce film de Kurosawa où une même histoire racontée par différents personnages brouille la perception de la vérité. Et, quand elle donne quelques gages écolos, c'est pour personnaliser à nouveau et préciser illico qu'elle a horreur de la campagne, que «le jour on s'y embête, et la nuit on y a peur». On est en plein Paris. Il fait encore jour. Elle n'a vraiment rien à craindre.

photo RICHARD DUMAS
http://www.liberation.fr/page.php?Article=337339
© Libération

EXCELENTE FOTO.

ME GUSTARIA CONOCER MAS, SI ES POSIBLE EN ESPAÑOL.

JAVIER V. CASTRO

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