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mercredi 01 novembre 2006

Ennéagramme et péchés capitaux

Le magazine Psychologies, revisite, dans son dernier numéro, les sept péchés capitaux. Violaine Gelly nous propose, avec la collaboration de Véronique Margron (théologienne) et Tony Anatrella (prêtre et psychanalyste) une interprétation moderne des sept interdits fondamentaux de l'Eglise qui peuvent devenir de formidables outils d'épanouissement personnel.

Entre les 7 péchés capitaux et les 9 types de l'Ennéagramme, les correspondances sont évidentes, comme nous le montre, pour commencer, cet Ennéagramme des péchés capitaux :

Ennegramme_peches_capitaux

Deuxième intérêt de cet article, c'est qu'il va plus loin dans l'interprétation des péchés en nous en présentant une lecture psychologique moderne, que nous extrapolons dans cet Ennéagramme des péchés capitaux aujourd'hui :

Peches_capitaux_aujourdhui

Pour finir, l'article envisage le péché capital comme l'endroit de la rédemption, totalement à l'analogue de ce qui se passe dans la pratique de l'Ennéagramme, comme le révèle cet Ennéagramme du bon usage des péchés capitaux :

Peches_capitaux_bon_usage

Concluons sur deux points. Tout d'abord, sur l'origine commune des péchés capitaux et de l'Ennéagramme.  Evagre le Pontique (345-399), ermite grec, le plus connu des Pères du désert, mouvement mystique chrétien du premier siècle, est la fois considéré comme le père des péchés capitaux, qu'il listait au nombre de neuf, et de l'Ennéagramme. Eric Salmon cite notamment dans son ABC de l'Ennéagramme :

Evagrius donne même les indications sur la dynamique entre les types : "Je dois d'abord reconnaître mon type afin de pouvoir m'attaquer à mon vice - tous les autres chemins ne sont qu'illusion. Je dois observer où coule mon énergie, ce qui me bloque et ce qui m'aveugle. La source de ma plus grande faiblesse est aussi la source de mon principal don. Par la passion, je peux découvrir mon talent principal, et alors ma passion sera transformée et je pourrai faire fructifier le fruit divin que je porte en moi."

Dernier point : comment sommes-nous passés de 9 types à 7 péchés ? Pascal Ide, prêtre, philosophe et médecin propose dans son ouvrage Les neuf portes de l'âme quelques pistes, au premier rang desquelles nous retiendrons notamment que l'adéquation stricte un péché = un type est discutable et que Types et Péchés ne se situent pas sur le même plan (psychologique pour le Type, éthique pour le Péché). Compte tenu des origines communes entre Ennéagramme et péchés capitaux, cette analyse ne réussit pas à nous convaincre. Nous restons aujourd'hui convaincus que deux types ont bel et bien été escamotés. Une seule question subsiste alors : à qui profite le crime ?

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Voici les sites qui parlent de Ennéagramme et péchés capitaux:

Commentaires

Evagre le Pontique définissait 8 pêchés : la mélancolie, qu'on appelle aujourd'hui dépression était le 8ème. Thomas d'Aquin au 13ème siècle n'en cite plus que 7. Je serais assez pour remettre la dépression sur la liste. Tous les déprimés finiront en enfer ;-)

quelques précisions : La mélancolie était aussi appellée acédie.source http://www.clionautes.org/spip.php?article143

L’acédie désigne un état d’apathie, la lassitude du moine, l’inquiétude du cénobite face à l’apparente inutilité de sa vocation. Elle est donc d’abord un vice monastique. Cassien lie l’acédie à la tristesse qui empêche toute contemplation. Ce vice offre de multiples rejetons : l’oisiveté, la somnolence, l’inquiétude, le vagabondage de l’esprit, la verbosité et la curiosité. L’instrument de lutte contre ce vice est donc le travail manuel. Vice instable, absorbé par la tristesse dans les réflexions théologiques, elle apparaît vite comme obsolète pour Grégoire le Grand, mais les écrits monastiques perpétuent sa présence comme « rébellion du corps aux contraintes auxquelles il est soumis à l’intérieur du monastère » (Pierre Damien). Faiblesse du corps pour les uns, elle est faiblesse de l’esprit pour d’autres comme Bernard de Clairvaux et Adam Scot qui la comprennent comme « une interruption du chemin de perfection sur lequel s’est engagé le moine » (p. 135). Thomas d’Aquin pose les enjeux de manière efficace en posant la question des causes : l’acédie est à envisager différemment selon que son origine est louable (s’attrister de ses péchés) ou blâmable (convoiter un bien impossible). Dès le XIII° siècle l’acédie devient un vice commun et non plus spécifiquement monastique. L’acédie laïque est différente de la monastique : oisiveté, indolence, paresse, sont plus visibles et plus blâmables que la tristesse du moine. Les textes pastoraux, sermons d’éducation, prédications, utilisent ce thème aux XIV°-XV° siècles, jusqu’à son entrée dans les textes laïcs où elle est vue en termes de langueur, amertume et ennui : son entrée dans le cercle laïc modifie l’acédie en mélancolie. Paresse chez les moines, mélancolie chez les laïcs : ce vice, considéré comme trop instable, est écarté de la classification à la fin du Moyen Age.

Evagrius et l'Ennéagramme

Dans les écrits d'Evagrius, un texte mentionne une figure faisant intervenir un triangle, un hexagone et une sphère.

Dans un autre texte, Evagrius mentionne neuf passions, neuf chemins d'égarement, neuf voies de se détourner de son centre : la colère, l'orgueil, la recherche de la gloire ou vanité, la tristesse et l'envie, l'avarice, la gloutonnerie, la luxure et la paresse.

Hormis certaines allusions dans la Divine Comédie de Dante, on ne retrouve rien de plus proche de l'Ennéagramme dans toute la littérature connue depuis cette époque.

Eric Salmon
ABC de l'Ennéagramme p.217

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