Mon âme a son secret, ma vie a son mystère,
Un amour éternel en un moment conçu :
Le mal est sans espoir, aussi j'ai dû le taire,
Et celui qui l'a fait n'en a jamais rien su.
Hélas ! j'aurai passé près de lui inaperçu,
Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire.
Et j'aurai jusqu'au bout fait mon temps sur la terre,
N'osant rien demander et n'ayant rien reçu.
Pour lui, quoique Dieu l'ait faite doux et tendre,
Il ira son chemin, distrait et sans entendre
Ce murmure d'amour élevé sur ses pas.
A l'austère devoir, pieusement fidèle,
il dira, lisant ces vers tout remplis de lui :
« Qui est donc cet homme ? » et ne comprendra pas.


