Après Guillaume Fournier la semaine dernière, c'est au tour d'Isabelle de Penfentenyo, co-gagnante de notre concours de l'été, de nous faire partager sa vision de l'Ennéagramme, grâce à ce texte, qui est un extrait de son livre, à paraître en 2008 et dont le titre sera : "NOUS sommes le projet".
Les paradigmes sociétaux sont à la fois le résultat d’une évolution et une invitation à les incarner au plus profond de nos cellules afin de continuer sur le chemin de la métamorphose individuelle et collective. Il n’existe pas de recette miracle pour opérer cette mutation vers l’humanité de demain, à l’intérieur comme à l’extérieur. Aucune technique, aussi sophistiquée et efficace soit-elle, n’a le pouvoir de créer le changement profond qui émergera de ce processus.
Depuis quelques décennies, l’homme est entré dans la conscience de la nécessité de ce changement et tente de multiples stratégies pour l’accomplir. Elles sont encore désordonnées et maladroites et reflètent l’état de conscience dans lequel nous sommes aujourd’hui, et surtout notre peur de changer de repères et de fonctionnements. Nous cherchons à aplanir les difficultés, à regarder d’un œil neuf aussi bien notre univers intérieur que celui qui nous entoure, et parce que nous sentons confusément l’urgence de la transformation, nous voulons aller vite. Or, comme le disait Talleyrand, à son cocher : « Doucement, je suis pressé. » Notre exigence d’efficacité et de rapidité nous rend gauches. Il est amusant de noter que le mot latin pour gauche est sinister, sinistre, d’ailleurs longtemps conservé ans l’ancien français pour qualifier les gauchers. Nous sommes effectivement sinistres… nous craignons le pire, sommes taciturnes, et avons oublié ce qu’est la Joie.
S’il n’existe pas de recette, il y a en revanche des pistes à suivre et nous en flècherons quelques unes dans les pages à venir.
Le processus d’individuation décrit par C.G. Jung nous invite à prendre conscience de notre unicité et à unifier le psychologique et l’âme. L’individuation vise à créer l’homme-un. La première partie du voyage consiste donc dans la compréhension de la psyché. L’une des pistes privilégiées pour comprendre nos fonctionnements, nos freins, nos croyances, est l’Ennéagramme, qui servira de base au chapitre suivant.
Je me réfère souvent à Khalil Gibran (Le prophète) qui disait : « Vos enfants ne sont pas vos enfants... » J’ai coutume de dire que nous parents ne sont pas nos parents, mais le nid dans lequel nous avons choisi de nous incarner, de grandir et à partir duquel commence notre évolution dans cette vie. Notre personnalité s’est construite à partir de notre naissance avec ce que nous avons reçu, ou pas. Il n’existe pas d’éducation parfaite, et j’aime à ce sujet citer Daphné Rose Kingma (Le futur de l’amour) :
« Nous avons tous eu une enfance imparfaite, jonchée de blessures émotionnelles. Certaines sont béantes, horribles et criantes. D’autres sont si subtiles que l’on a soi-même du mal à en percevoir la véritable ampleur.
Nos blessures sont la conséquence de l’éducation imparfaite que nos parents nous ont donnée, qui est une réalité incontournable de la condition humaine. La famille parfaite n’existe pas. Aucun parent ne peut donner une éducation parfaite, même le plus attentionné, le plus indulgent et le plus aimant. En dépit de tous les efforts que nous faisons pour le nier ou croire le contraire, nous avons tous été blessés…
Nous avons tous été assez aimés pour survivre, mais pas assez pour éprouver un sentiment de plénitude.
C’est l’échec tragique et pourtant inévitable de la vie familiale qui nous engage dans une démarche particulière de croissance et de résolution. Cette démarche devient le travail psychologique d’une vie. »
Ainsi les structures de l’ego (personnalité) plongent leurs racines dans notre histoire personnelle, familiale et même universelle. En mettant à jour ce qui nous fait fonctionner, nous levons petit à petit les voiles qui nous cachent notre âme. Pour atteindre la lumière, il nous faut traverser notre ombre, ces traits de caractère que nous préférerions ne pas voir. Accueillir notre ombre nous permet en outre de mieux reconnaître et accepter celle de l’autre. Enfin, ce cheminement nous permet de comprendre non pas pourquoi nous agissons de tel ou tel manière, mais pour quoi.
Tout a un sens, que nous ne découvrons pas toujours de prime abord. Nous ne fonctionnons à cause de quelque chose ou quelqu’un mais pour quelque chose ou quelqu’un, qui est soi : pour réussir, pour nous protéger, pour éviter la souffrance, pour confirmer nos croyances, etc… Derrière chacune de nos actions se trouve une intention positive, même si les apparences nous font croire le contraire. Cette intention positive est bien entendu auto-centrée, même inconsciemment. L’Ennéagramme est basé sur cette intention positive.








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