
Depuis que j’ai compris qu’être optimiste est un combat et que l’on peut être critiqué pour cela, je suis ravi de l’être. Ni l’optimisme, ni le pessimisme ne sont des savoirs. On ne sait rien de plus quand on est optimiste que lorsqu’on est pessimiste. Ce sont des attitudes face à un même diagnostic : la vie est difficile, pleine de douleurs, finit mal et la plupart des êtres humains sont trompeurs. Je vois, dans l’optimisme, la volonté de ne pas se résoudre à la laideur du monde, de ne pas vouloir être désenchanté. Il faut fuir l’indifférence et la lassitude. L’optimiste fait travailler son imagination puisqu’il sollicite le réel beaucoup plus que le pessimiste. Mon optimisme fait partie de mon humanisme.
Le corps n’est pas qu’un réservoir de jouissance. Il est également source de vulnérabilité et de souffrance. Je ne veux pas concevoir que nos vies sont immortelles et en bonne santé. Elles sont en mauvaise santé et leur durée dépend assez peu de nous. Penser continuellement à cette fragilité me rend plus humain, plus proche de l’autre, plus proche de la réalité de ce que je suis.
- Un entretien avec Eric-Emmanuel Schmitt sur Evene.fr
Dans l'écriture théâtrale, il y a tant de paramètres à intégrer que cela crée une sorte de liberté surveillée où je m'épanouis pleinement. Comme un poète qui s'exprimerait en alexandrins. Dans le roman, la liberté de l'auteur est si vaste qu'elle m'effraye.
- Un entretien avec Eric-Emmanuel Schmitt dans L'Express
Oui, j'ai cru, alors que j'avais 20 ans, que la vie intellectuelle devait se passer de son socle émotif, qu'elle devait se couper des sentiments, se décolorer de tout affect. Bien sûr, avec les années, je me suis rendu compte que cette conception de l'intellectualité était non seulement fausse, mais surtout dangereuse, car elle venait à se couper de sentiments essentiels comme le rapport à l'existence, à la joie, à la célébration, à l'acceptation de la tristesse, etc.
La musique peut nous montrer la beauté de la tristesse, du désarroi, la beauté du deuil, la beauté de l'abandon. Et cette beauté nous force à accepter des dimensions de l'existence dont nous voudrions nous protéger.
La connaissance de la souffrance, c'est ce qui permet de fonder une philosophie.
[Beethoven] me fait accepter les tourments. Il me fait accepter le fait d'avoir une intériorité constamment déchirée, traversée de sentiments contradictoires. Ensuite, il désigne une direction pour ne pas en rester simplement à l'exploration de ces tensions, d'une façon narcissique ou complaisante. Il désigne une direction, avec une morale et un humanisme, c'est-à-dire vraiment une volonté de construire une humanité, de célébrer l'existence, de faire triompher la joie sur la tristesse, de croire en la force de l'individu. Il me montre un chemin où j'ai envie d'aller.
- Une interview d'Eric-Emmanuel Schmitt dans Le Matin
Quand on ne peut plus être sauvé par la médecine, on peut être sauvé par l’humour et l’imagination.
- Une interview d'Eric-Emmanuel Schmitt sur Cinémotions
- Le site officiel d'Eric-Emmanuel Schmitt
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