Citations

jeudi 27 mars 2008

Prosaïque & poétique

La vie humaine est tissée de prose et de poésie. La vie prosaïque est faite de tâches pratiques, utilitaires, techniques, rationnelles, empiriques. La poésie - définie anthropologiquement et non plus seulement littérairement - est une façon de vivre dans la participation, l'amour, la jouissance, la ferveur, l'admiration, la communion, l'exaltation, le rite, la fête, l'ivresse, le chant, la musique, la liesse, et elle culmine en extase. L'état poétique est l'état "second", qui existentiellement est toujours premier.

Edgar Morin
Pour une politique de civilisation
Editions arléa - 2008 - p 50

jeudi 21 février 2008

Albert Einstein : quelques citations

Albert_einstein

Un être humain est une partie d'un tout que nous appelons: Univers. Une partie limitée dans le temps et l'espace. Il s'expérimente lui-même, ses pensées et ses émotions comme quelque chose qui est séparé du reste, une sorte d'illusion d'optique de la conscience. Cette illusion est une sorte de prison pour nous, nous restreignant à nos désirs personnels et à l'affection de quelques personnes près de nous. Notre tâche doit être de nous libérer nous-même de cette prison en étendant notre cercle de compassion pour embrasser toutes créatures vivantes et la nature entière dans sa beauté.

Citations de Albert Einstein regroupées par Alain Rioux, Psychologue, Canada.
- http://www.psycho-ressources.com/bibli/albert-einstein.html

jeudi 10 janvier 2008

Ennéagramme des citations

Enneagramme_des_citations

- Mandala - Citations, aphorismes, pensées, mandalas...

vendredi 07 septembre 2007

Copernic, Darwin & Freud sur la place de l'homme

Il y a quelques semaines, je cherchais (assez maladroitement d'ailleurs) un parallèle entre les découvertes modernes de la physique, la biologie et la psychologie sur la place de l'homme, sans savoir qu'une telle comparaison avait déjà été établie par Freud en 1916. Rendons donc à Sigmund ce qui lui appartient.

Dans le cours des siècles, la science a infligé à l'égoïsme naïf de l'humanité deux graves démentis. La première fois, ce fut lorsqu'elle a montré que la terre, loin d'être le centre de l'univers, ne forme qu'une parcelle insignifiante du système cosmique dont nous pouvons à peine nous représenter la grandeur. Cette première démonstration se rattache pour nous au nom de Copernic, bien que la science alexandrine ait déjà annoncé quelque chose de semblable. Le second démenti fut infligé à l'humanité par la recherche biologique, lorsqu'elle a réduit à rien les prétentions de l'homme à une place privilégiée dans l'ordre de la création, en établissant sa descendance du règne animal et en montrant l'indestructibilité de sa nature animale. Cette dernière révolution s'est accomplie de nos jours, à la suite des travaux de Ch. Darwin, de Wallace et de leurs prédécesseurs, travaux qui ont provoqué la résistance la plus acharnée des contemporains. Un troisième démenti sera infligé à la mégalomanie humaine par la recherche psychologique de nos jours qui se propose de montrer au moi qu'il n'est seulement pas maître dans sa propre maison, qu'il en est réduit à se contenter de renseignements rares et fragmentaires sur ce qui se passe, en dehors de sa conscience, dans sa vie psychique.

- Sigmund Freud - Introduction à la psychanalyse

lundi 13 août 2007

Des parents parfaits

Ce n'est absolument pas parfait d'être un parent parfait ! D'ailleurs, à haute dose, cela donne les paranoïaques ou les obsessionnels qui, en voulant être parfaits, détruisent complètement leur enfant.

- Boris Cyrulnik - ELLE - 6 août 2007

dimanche 29 juillet 2007

Gurdjieff - Conte oriental du magicien et des moutons

Certain conte oriental parle d'un très riche magicien qui avait de nombreux troupeaux de moutons. Ce magicien était très avare. Il ne voulait pas prendre de bergers et il ne voulait pas non plus mettre de clôture autour des près où paissaient ses moutons. Les moutons s'égaraient dans la forêt, tombaient dans des ravins, se perdaient et surtout s'enfuyaient à l'approche du magicien, parce qu'ils savaient que celui-ci en voulait à leur chair et à leurs peaux. Et les moutons n'aimaient pas cela.

A la fin, le magicien trouva le remède. Il hypnotisa ses moutons et leur suggéra tout d'abord qu'ils étaient immortels et que d'être écorchés ne pouvait leur faire aucun mal, que ce traitement était au contraire excellent pour eux et même agréable; ensuite le magicien leur suggéra qu'il était un bon pasteur, qui aimait beaucoup son troupeau, qu'il était prêt à tous les sacrifices pour lui; enfin, il leur suggéra que si la moindre chose devait leur arriver, cela ne pouvait en aucun cas leur arriver dès maintenant, dès aujourd'hui, et que par conséquent ils n'avaient pas à se tracasser. Après quoi le magicien mit dans la tête de ses moutons qu'ils n'étaient pas du tout des moutons; à quelques-uns d'entre eux ils suggéra qu'ils étaient des lions, à d'autres qu'ils étaient des aigles, à d'autres encore qu'ils étaient des hommes ou des magiciens.

Cela fait, ses moutons ne lui causèrent plus ni ennuis, ni tracas. Ils ne s'enfuyaient plus jamais, attendant au contraire avec sérénité l'instant où le magicien les tondrait ou les égorgerait.

G.I Gurdjieff cité par P.D. Ouspensky
dans Fragments d'un enseignement inconnu - p 310

jeudi 26 juillet 2007

Gurdjieff - Conte arménien du loup et des moutons

Et afin de ne pas commencer en vain ou de ne pas risquer d'être déçu sur son propre compte, un homme devra plus d'une fois mettre sa décision à l'épreuve. Avant tout, il doit savoir jusqu'où il veut aller, et ce qu'il est prêt à sacrifier. Rien n'est plus facile, ni plus vain, que de répondre : tout. L'homme ne peut jamais tout sacrifier et cela ne peut jamais lui être demandé. Mais il doit définir exactement ce qu'il est prêt à sacrifier, et ne plus marchander à ce sujet par la suite. Ou bien il en sera de lui comme du loup du conte arménien.
Vous connaissez le conte arménien du loup et des moutons ?

Il y avait une fois un loup qui faisait de grands massacres de moutons et semait la désolation dans les villages.
A la longue, je ne sais trop pourquoi, il fut soudain pris de remords et se repentit; aussi décida-t-il de se réformer et de ne plus égorger de moutons.
Afin de tenir sérieusement sa promesse, il alla trouver le curé et lui demanda de célébrer pour lui une messe d'actions de grâces.
Le curé commença la cérémonie; le loup y assistait, sanglotant et priant. La messe dura longtemps. Le loup avait exterminé pas mal de moutons du curé et celui-ci priait donc avec ardeur afin que le loup s'amendât réellement. Soudain le loup, ayant jeté un regard par la fenêtre, vit les moutons qui rentraient au bercail. Il ne pouvait plus tenir en place; mais le curé s'éternisait dans ses prières.
A la fin, le loup ne put se contenir davantage et cria :
Finissons-en, curé ! Ou tous les moutons seront rentrés, et je n'aurai plus rien pour dîner !
C'est un conte très savoureux, parce qu'il dépeint admirablement l'homme : l'homme est prêt à tout sacrifier, mais quant à son dîner d'aujourd'hui, c'est une autre histoire...
L'homme veut toujours commencer par quelquechose de grand. Mais c'est impossible; nous n'avons pas le choix : il nous faut commencer par les choses d'aujourd'hui.

G.I Gurdjieff cité par P.D. Ouspensky
dans Fragments d'un enseignement inconnu - p 509

jeudi 07 juin 2007

Juger & comprendre

Pour juger, il faut comprendre, mais quand on a compris, on ne peut plus juger.
André Malraux

vendredi 30 mars 2007

Dans la nature

Toutes choses vont par deux, l'une correspond à l'autre
et il n'a rien créé d'imparfait.
Si 42,24

jeudi 29 mars 2007

Vogue

Venez voguer avec moi sur un étang paisible
aux rivages embrumés, mais à la surface lisse.
Nous sommes des vaisseaux sur cet étang
et ne faisons qu'un avec lui.

Un léger sillage s'étale derrière nous,
qui se déplace sur l'eau embrumée.
Ses subtiles ondes enregistrent notre passage.

Votre sillage et le mien fusionnent.
Ils forment un motif qui reflète
votre mouvement ainsi que le mien.
Alors que d'autres vaisseaux, qui sont aussi nous,
voguent sur l'étang, qui est aussi nous,
leurs ondes coupent les nôtres.
La surface de l'étang s'anime,
vague après vague, ride après ride,
mémoires de notre mouvement,
traces de notre être.

L'eau murmure de vous à moi et de moi à vous.
Et de nous deux à tous ceux qui voguent sur l'étang.

La séparation est une illusion.
Nous sommes des parties du tout reliées les unes aux autres.
Nous sommes un étang chargé de mouvements et de mémoires.
Notre réalité est plus grande que vous et moi,
plus grande que tous les vaisseaux qui voguent sur l'eau,
plus grande que toute l'eau sur laquelle ils voguent.

Ervin Laszlo

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