Science

vendredi 04 janvier 2008

Ego & Cholestérol

Cholesterol

Réflexion de saison

Il est de l'ego comme du cholestérol. Ce n'est que par abus de langage que nous sommes sans cesse invités à combattre ces deux supposés fléaux de notre temps, ce n'est que par simplification abusive que nous en venons à le déterminer comme bon ou mauvais, et souvent, plus mauvais, que bon.

L'ego est à la personnalité ce que le cholestérol est à la cellule : un constituant indispensable. Ce que nous nommons bon cholestérol, ce sont les lipoprotéines responsables de son élimination. Ce qui est appelé mauvais cholestérol, ce sont les lipoprotéines qui assurent son transport aux cellules.

Si nous poursuivons ainsi notre analogie, l'ego n'est alors plus que le véhicule d'un constituant fondamental de la personnalité, un transport d'énergie qui n'est ni bon, ni mauvais, et dont l'enjeu majeur, pour une bonne santé, est une juste et nécessaire maîtrise.

Illustration © Thierry Verson

jeudi 01 novembre 2007

La jeune, la vieille & l'Ennéagramme

Jeuneouvieille Le DESU (Diplôme D'Etudes Supérieures d'Université) Pratiques du coaching, délivré par le Service de Formation Permanente de l'Université Paris 8 Saint-Denis, est, à notre connaissance, avec les cursus analogues de l'Université Paris 2 Assas-Panthéon et Aix-Marseille 3 Paul Cézanne, un des rares diplômes universitaires français dans le domaine.

Diplômé du dit DESU, Benjamin Brossart a choisi d'exercer en tant que coach de la personne et coach d'artiste, se faisant une spécialité du coaching gay, entre Lyon, Paris et Genève. Il propose sur deux des blogs qui lui servent à présenter ses activités professionnelles un extrait de son mémoire universitaire, "La qualité relationnelle dans le processus de changement", dont un passage a plus particulièrement attiré notre attention.

Désir d’étiqueter le client
La nature humaine a horreur du vide. L’individu construisant son identité dans la relation aux autres, ceux-ci jouent un rôle primordial dans sa représentation du monde. Dès lors, comprendre l’autre, pour se sentir compris en retour, est ce qui permet de gommer le sentiment de vide, que provoque l’altérité. Ne parle-t-on de l’autre comme de son semblable ? Ainsi, l’être humain, pour faire entrer le réel – dont ses cinq sens le renseignent – dans sa représentation du monde, va assimiler l’inconnu au connu. Et faire entrer – rapidement – l’autre dans des catégories préétablies, le privant de sa part de mystère et d’individualité.
Le coach, lui, sait qu’à aucun moment il ne pourra prétendre connaître son client, et lui donner une étiquette, encore moins. Les théories de la personnalité utilisées en coaching (PCM, MBTI, Ennéagramme, notamment) ne doivent pas être considérées par le coach débutant comme palliatif de cette non connaissance ; elles servent de voie privilégiée pour entrer en contact avec le coaché, et nécessitent un long apprentissage.
Ainsi, le coach, dans le processus d’accompagnement, va devoir oublier ses propres représentations – faire le vide en soi, s’ouvrir à l’altérité – pour entrer dans celles de son client. La « Figure de Bohring », autrement appelée « La jeune et la vieille », est une belle métaphore de cette impossibilité de porter deux regards différents sur une même situation et dans le même instant.

- Benjamin Brossart | Art coaching
- Benjamin Brossart | Coaching de la personne
- Benjamin Brossart | Coaching gay
- Sur E.G. Boring : Perceptual Ambiguity

mercredi 24 octobre 2007

L'Effet Barnum

Le canadien James Randi, illusionniste professionnel, est sans nul doute le plus connu des débunkers, les démystificateurs des pseudo-sciences (de l'anglais to debunk : démystifier). Il se rendit célèbre en 1972 en accusant Uri Geller de fraude lorsque celui-ci prétendait qu'il tordait ses fameuses petites cuillères avec la seul force de ses pouvoirs mentaux.

Dans cet extrait d'un documentaire intitulé Secrets of the Psychics, il met en évidence l'Effet Forer ou effet de validation subjective ou encore Effet Barnum, du nom de l'Homme de cirque, P.T. Barnum qui avait la réputation d'être un maître de la manipulation psychologique et dont la devise était : Nous avons quelquechose pour tout le monde.

En 1948, le psychologue B.R. Forer s'aperçut que la plupart des gens tendait à accepter une vague description de personnalité comme s'appliquant de manière singulière à eux-mêmes sans se rendre compte que la même description pourrait s'appliquer aussi bien à n'importe qui.

Il fit passer un test de personnalité tiré d'un magazine à ses étudiants. Ne tenant pas compte de leurs réponses, il leur donna à tous la même analyse, que voici :

Vous avez besoin d'être aimé et admiré, et pourtant vous êtes critique avec vous-même. Vous avez certes des points faibles dans votre personnalité, mais vous savez généralement les compenser. Vous avez un potentiel considérable que vous n'avez pas encore utilisé à votre avantage. À l'extérieur vous êtes discipliné et vous savez vous contrôler, mais à l'intérieur vous tendez à être préoccupé et pas très sûr de vous-même. Parfois vous vous demandez sérieusement si vous avez pris la bonne décision ou fait ce qu'il fallait. Vous préférez une certaine dose de changement et de variété, et devenez insatisfait si on vous entoure de restrictions et de limitations. Vous vous flattez d'être un esprit indépendant ; et vous n'acceptez l'opinion d'autrui que dûment démontrée. Mais vous avez trouvé qu'il était maladroit de se révéler trop facilement aux autres. Par moment vous êtes très extraverti, bavard et sociable, tandis qu'à d'autres moments vous êtes introverti, circonspect, et réservé. Certaines de vos aspirations tendent à être assez irréalistes.

Il leur demanda ensuite d'en noter sur 5 la pertinence. La note fut de 4,26. La même expérience répétée 100 fois donna toujours et encore 4,2 de moyenne. Un tel effet, ainsi que d'autres, tels la lecture froide, sont des armes privilégiées de la zététique, qui combat les pseudo-sciences.

En Ennéagramme, l'effet Forer est un obstacle connu dans l'acquisition initiale d'un profil correct. Un effet haut peut mener, ou concourir à mener, à une mauvaise identification du type lors d'un premier diagnostic, qui est, de plus, le plus souvent, un auto-diagnostic. Ces mauvaises bases posées, il est ensuite très difficile, voire impossible, de travailler, notamment seul ou lors de stages en groupe.

- James Randi sur Wikipedia
- Uri Geller sur Wikipedia
- Effet Barnum sur Wikipedia

vendredi 07 septembre 2007

Copernic, Darwin & Freud sur la place de l'homme

Il y a quelques semaines, je cherchais (assez maladroitement d'ailleurs) un parallèle entre les découvertes modernes de la physique, la biologie et la psychologie sur la place de l'homme, sans savoir qu'une telle comparaison avait déjà été établie par Freud en 1916. Rendons donc à Sigmund ce qui lui appartient.

Dans le cours des siècles, la science a infligé à l'égoïsme naïf de l'humanité deux graves démentis. La première fois, ce fut lorsqu'elle a montré que la terre, loin d'être le centre de l'univers, ne forme qu'une parcelle insignifiante du système cosmique dont nous pouvons à peine nous représenter la grandeur. Cette première démonstration se rattache pour nous au nom de Copernic, bien que la science alexandrine ait déjà annoncé quelque chose de semblable. Le second démenti fut infligé à l'humanité par la recherche biologique, lorsqu'elle a réduit à rien les prétentions de l'homme à une place privilégiée dans l'ordre de la création, en établissant sa descendance du règne animal et en montrant l'indestructibilité de sa nature animale. Cette dernière révolution s'est accomplie de nos jours, à la suite des travaux de Ch. Darwin, de Wallace et de leurs prédécesseurs, travaux qui ont provoqué la résistance la plus acharnée des contemporains. Un troisième démenti sera infligé à la mégalomanie humaine par la recherche psychologique de nos jours qui se propose de montrer au moi qu'il n'est seulement pas maître dans sa propre maison, qu'il en est réduit à se contenter de renseignements rares et fragmentaires sur ce qui se passe, en dehors de sa conscience, dans sa vie psychique.

- Sigmund Freud - Introduction à la psychanalyse

jeudi 16 août 2007

La dépression liée à des anomalies des circuits des centres de l'émotion

WASHINGTON (AFP) - La dépression est liée à des anomalies des circuits neuronaux dans les centres de l'émotion du cerveau, les dépressifs étant souvent incapables de contrôler efficacement leurs émotions par un effort mental, selon une étude publiée mardi aux Etats-Unis.

Les chercheurs, qui ont eu recours à une technique d'imagerie, ont montré que le cerveau de personnes souffrant de dépression grave réagit très différemment de celui des sujets jouissant d'une bonne santé mentale face à des situations de stress.

"Ressentir des sentiments négatifs face à des situations stressantes est normal", explique Tom Johnstone, un chercheur à la faculté de médecine de l'université de Wisconsin-Madison (nord), le principal auteur de cette étude parue dans le Journal of Neuroscience daté du 15 août.

"Une caractéristique des graves dépressions est l'incapacité de contrôler les émotions négatives et de retrouver un état émotionnel normal après une expérience pénible", ajoute-t-il.

Pour évaluer le rôle des régulateurs de l'émotion dans le cerveau des dépressifs, cette équipe de psychiatres et psychologues a observé les réactions du cerveau de sujets normaux et de ceux souffrant de dépression alors qu'ils regardaient une série de photos choisies pour provoquer de fortes réactions émotionnelles négatives (scènes d'accident ou animaux sauvages menaçants par exemple).

Les chercheurs ont demandé aux participants de s'efforcer de réduire l'intensité de leurs réactions émotionnelles négatives, en imaginant par exemple la même scène pour la rendre moins perturbante.

"Nous leur avons demandé de modifier le contenu de ce qu'ils voyaient" plutôt que de penser à autre chose, explique M. Johnstone.

"Nous cherchions ainsi à forcer les sujets à recourir aux centres de la réflexion de leur cerveau pour ré-interpréter le contenu émotionnel des images de manière à intensifier ou à réduire leur impact", dit-il.

Chez les individus normaux et dépressifs, ces chercheurs ont observé que ces efforts se traduisaient par une augmentation de l'activité cérébrale dans des zones du cortex préfrontal connues pour être des centres de l'émotion du cerveau.

La grande différence entre les deux groupes a été constatée dans les réactions des centres émotionnels eux-mêmes, dont l'amygdale.

Chez les personnes normales, la forte activité des centres de la réflexion était accompagnée d'une faible intensité de l'activité émotionnelle, indiquant leur succès à contrôler leurs émotions.

En contraste, chez les sujets dépressifs, un haut degré d'activité persiste dans leurs centres de l'émotion malgré l'intense activité des régions du cerveau où siège la réflexion.

Ces chercheurs ont conclu que les sujets normaux peuvent efficacement contrôler leurs émotions par un effort mental, tandis que les dépressifs en sont souvent incapables en raison d'anomalies des circuits neuronaux des zones où siègent l'émotion.

AFP - Mardi 14 août, 23h47

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